On les surnomme: les “chasseurs de veuves et femmes divorcées”, ces jeunes sénégalais, entre 30 et 40 ans, des gigolos dont les méfaits et la cote de popularité ne cessent de grimper dans les rues de Kaolack.

“Je suis divorcée il y a de cela trois ans, mais la plupart des hommes avec qui j’ai eu une relation ne sont pas sérieux. Car ils viennent par intérêt vous proposer des mariages en cachette juste pour vous duper. Ils viennent chez vous, vous leur donnez à boire, à manger, des téléphones. Après quelques mois de relation, ils emportent votre argent et vous abandonnent”, raconte Bintou, une femme au teint clair.

Entourée de ses amies avec qui elle partage du thé dans sa cour à Kahone, Bintou, la quarantaine, dit avoir “une aversion” pour “ces chasseurs de veuves et femmes divorcées”.

Au Sénégal, le mariage forcé est encore encré dans les traditions et coutumes malgré un nouveau Code de la Famille prohibant de telles pratiques. Une situation qui pousse de nombreuses femmes, souvent victimes de violences conjugales, à demander le divorce.

“Mais cette catégorie de femmes a aussi le droit de croire en l’amour et de se donner une nouvelle chance mais ce n’est pas souvent le cas ici à  Kaolack surtout si la divorcée ou veuve a un âge avancé”, regrette Bintou.  

A 33 ans, Modou Fall, célibataire et employé dans une petite société de microfinance avoue avoir déjà côtoyé une divorcée. Son aînée de 20 ans avec qui, il a entretenue une relation de deux ans.

“Je suis sorti avec une divorcée de 53 ans mais c’était dans le seul et unique but de l’aider”, raconte, d’un air un peu gêné, Modou Fall, du haut de ses 1m80.

Pour lui, cette relation avec sa cougar était loin d’être “par intérêt”. “Non je ne crois pas aux relations par intérêt, j’aimais ma copine quand bien même je savais qu’elle était plus âgée que moi mais mon but c’était surtout de la soutenir afin qu’elle puisse dépasser ses épreuves vécues”, explique Fall.

Le jeune homme ne nie pas toutefois que sa “divorcée “qui avait un compte en banque bien fourni, a été pour lui “un appui financier” alors qu’il était encore sans emploi.

Venu s’enquérir des programmes au centre culturel de kaolack    Gorgui Thiam se souvient encore de cette année 2012, où il avait convolé en noces avec une veuve, son aînée de 10 ans. Une idylle qui a été interrompue par son ex-beaux fils.

J’avais eu la chance d’épouser une dame veuve qui m’aimait tellement car j’ai été son soutien morale après le décès de son mari. Grâce à elle, à un moment donné ma situation financière a changé vraiment. Mais finalement, ses enfants ont tout gâché sous prétexte que je dupais leur maman et que je dépensais aussi son argent”, raconte-t-il avec un petit brin de regret.

Pour lui, une relation entre un homme et une veuve ou femme divorcée n’est pas “forcément intéressée” mais peut avoir comme base l’amour comme toute autre relation.

Assise derrière son étal de marchandises au quartier  Ndorong, une commerçante, sous le couvert de l’anonymat témoigne avoir déjà été victime de ces “chasseurs de veuves et femmes divorcées”.

Veuve depuis six années et mère de quatre enfants dont l’âge varie entre deux et quinze ans (deux garçons et deux filles), elle raconte avoir été dépouillée par plusieurs d’entre eux.

Cette veuve dit avoir trouvé une solution pour subvenir aux besoins de ses gosses. Outre son petit commerce de fruits, elle confie exercer “le plus vieux métier du monde“.

“Je gagne souvent de l’argent en entretenant des relations nuitamment avec des hommes”, confie, le regard caché sous un voile, cette musulmane de 36 ans.

YESS

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