La hausse généralisée des prix des tickets de transports sur le réseau des minibus Tata est un échec de l’Etat qui ne parvient pas imposer son autorité. Les mises en garde du Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD) n’ont servi à rien. D’ailleurs, bien avant l’effectivité de la hausse dans les minibus, les coûts du transport ont déjà connu une augmentation sur les autres moyens de déplacement.

Le 8 mars dernier, le Directeur général du Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD), Thierno Birahim Aw, à travers un communiqué, mettait en garde les responsables de Groupement d’intérêt économique (GIE) et membres du réseau de l’Association de financement des transports urbains (AFTU). «Il m’est revenu que certaines lignes du réseau de transport appliquent une hausse des tarifs sans le consentement du CETUD. Cette pratique viole les termes de la Convention d’exploitation et entre en contradiction avec la démarche concertée, en cours, sous la supervision du ministère en charge des Transports terrestres», a réitéré le Directeur général du CETUD.

Non sans relever, au demeurant, que les travaux du comité mis en place à l’effet de formuler des recommandations sur les modalités de financement de l’impact du réajustement des prix du carburant sur le transport urbain, sont finalisés et doivent suivre un processus de validation. «Sous ce rapport, je vous mets en demeure de prendre immédiatement les mesures idoines pour demander aux membres de vos GIE de respecter les tarifs en vigueur, conformément au communiqué du ministre chargé des Transports terrestres en date du 15 janvier 2023. Les opérateurs qui persisteront dans cette modification unilatérale des tarifs encourent le retrait de leur autorisation de transport et, conséquemment, leur exclusion du réseau conventionné de l’AFTU», a-t-il prévenu.

Cette mise en demeure et la menace de retrait de l’agrément de transport suivi de l’exclusion du réseau conventionné de l’AFTU n’ébranleront outre mesure les GIE (de l’AFTU). Au contraire, ils ont augmenté les prix, malgré ces nombreux avertissements et interdictions de du CETUD et de la tutelle qui a reconnu aussi que la hausse est illégitime, car les prix sont fixés par décret, a rappelé le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Mansour Faye. Cela signifie que les coûts appliqués présentement ont été décrétés unilatéralement par les transporteurs eux-mêmes. Ces minibus qui desservent plusieurs quartiers de Dakar et sa banlieue sont très utilisés par les Dakarois. Ce qui fait que la hausse est durement ressentie par les usagers, déjà fortement impactés par la cherté de la vie.

Hormis les Tatas, les clandos ont doublé leur prix eux aussi. Les taxis sont devenus un luxe presque inaccessible aux petites bourses. Le comble, c’est que ce n’est pas une première qu’une décision étatique ne soit pas respectée. Les transporteurs décident assez souvent des prix du voyage, de manière unilatérale et au gré de leurs humeurs et des situations. Lors des grands évènements comme le Magal, Gamou en encore la Tabaski, les passagers sont laissés à la merci des transporteurs qui dictent leurs lois. Les restrictions liées à la pandémie de la Covid-19 avaient amené les automobilistes à revoir leurs coûts. Maintenant que les interdits «ne sont plus d’actualité», les tarifs n’ont connu aucune baisse, au grand dam des usagers. Le prix du transport explose, sans qu’une lueur d’espoir ne se dégage. Car, l’Etat n’est pas le maître du jeu.

Sud Quotidien

Voir plus d'articles

Voir aussi

IMPACTS PROCÈS OUSMANE SONKO – MAME MBAYE NIANG: l’Economie au point mort !

Le procès pour diffamation opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang, ouvert hier, jeudi, …