Il fait partie des rares communicateurs traditionnels de sa génération, Serigne Mor Diarra Thioune, president des communicateurs traditionnels du département de Guinguineo, Guinguinew, premier vice président des communicateurs traditionnels de la région de Kaolack, chargé de communication du CRD de Kaolack à la gouvernance. L’homme est pétri de talents, de charisme exceptionnel et maîtrise parfaitement l’histoire traditionnelle et moderne. Serigne Mor Diarra Thioune reste un exemple parfait de la jeune génération, de par sa discipline, sa simplicité, son ouverture, son engagement, sa maîtrise de l’histoire, et son esprit de réconcialateur ou de médiateur.

 » J’estime que le communicateur traditionnel doit être un régulateur social », déclare t-il.

Il s’y ajoute: « J’ai fait l’école coranique à l’âge de 7 ans puis je suis allé à AL-Hazar, avant d’abandonner. J’ai appris le métier de tailleur où j’ai été certifié en 1992 », dit-il.

Ses débuts

« Avec les émissions de la RTS avec les grands griots de l’époque et quelques histoires qui m’ont été transmises par mon père, je suis allé dans le Kadior surtout pour me documenter sur Mame Cheikh Ibrahima Fall. J’ai été même à Diaby Fall, son lieu de naissance ou Touré Atoumane. J’ai travaillé également sur l’histoire de Lat Dior avant de retourner au Saloum pour les grands hommes avec leurs histoires. »

« J’ai travaillé comme vendeur de vêtements de friperie entre Guinguineo et Kaolack. Et j’ai travaillé comme animateur dans la radio communautaire Géo FM, puis je suis devenu là-bas reporter ensuite rédacteur en chef. Avec Sud FM on avait une émission dont j’étais concepteur. Cette émission s’appelait Sénégal demb. »

Le métier de communicateur traditionnel

Le tonitruant communicateur traditionnel soutient que ce métier risque de disparaitre car les jeunes n’ont plus cette patience et l’amour de revisiter l’histoire.

« Ce métier tend à disparaitre parce que la nouvelle génération ne maitrise pas l’histoire », déplore t-il.

Le manque de connaissance et la précipitation vers la richesse en sont les causes, car beaucoup pensent que le communicateur traditionnel doit être si riche, alors que cela n’a pas d’importance, mais il doit plutôt être un régulateur social.

« Il faut qu’on organise un séminaire, nous les anciens, les communicateurs traditionnels afin qu’on puisse davantage transmettre à la nouvelle génération certaines connaissances surtout l’histoire d’hier et aujourd’hui », souhaite t-il.

« Moi à mon âge, l’argent ne m’interesse pas, ce qui est important pour moi c’est de raconter plutôt la vraie histoire », ajoute t-il.

 » Je n’ai aucune référence dans ce métier noble parce que je sais qu’ils ne maitrisent pas l’histoire mieux que moi. La seule personne qui me fait rêver c’est Iba Gallo Seck ou Pa Ngouye Gueye », conclut-il.

Moussa SENE

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