Le débat suscité par le refus du chef de l’Etat de porter l’âge de la retraite à 65 ans est loin de connaitre son épilogue. Le président de la Fédération générale des Travailleurs du Sénégal (Fgts), Sidiya Ndiaye, pense que c’est un « discours populiste » pour faire plaisir à une jeunesse en furie ces derniers jours, car frappée par un chômage endémique. Ce mandataire des travailleurs exige donc que cette demande soit prise en compte comme les autres revendications pour la bonne et simple raison que le président Sall aurait violé les principes d’équité.

Le chef de l’Etat Macky Sall a profité de la fête du 1er Mai pour essayer de « rayer » de la liste des revendications des centrales syndicales celle portant sur la prolongation de l’âge de la retraite de cinq ans. « Sur l’alignement de l’âge de la retraite à 65 ans, je ne suis pas favorable. Pour une simple et bonne raison que 77 % de la population a moins de 35 ans. L’Etat ne peut pas continuer à permettre aux séniors de prolonger leur âge de retraite et retarder ainsi l’arrivée sur le marché du travail des jeunes. Les jeunes attendent d’être recrutés. On ne peut donc toujours pas garder les avantages de la fonction publique et vouloir les perpétuer à vie. Ça pose problème », a-t-il vertement répondu à Sidiya Ndiaye de la Fédération générale des Travailleurs du Sénégal (Fgts) dans l’optique de clore le débat sur ce sujet.

Mais le chef de l’Etat, plutôt que de clore le débat, l’a au contraire relancé ! « Je n’ai rien contre les jeunes. D’ailleurs, je félicite le président d’avoir organisé le Conseil présidentiel sur l’emploi des jeunes. Mais ce discours tenu le 1er mai à l’occasion de la fête du travail n’est qu’un discours populiste pour faire plaisir à la jeunesse. C’est un clin d’œil à la jeunesse frappée par le chômage et complètement en furie. Mais s’il pense que c’est avec ce refus d’aligner l’âge de la retraite à 65 ans qu’il va permettre aux jeunes d’avoir du travail, il se trompe. Car l’Etat ne peut pas recruter tous ces jeunes. Sa mission, c’est de créer les conditions qui pourraient permettre d’avoir assez d’entreprises », a rétorqué Sidiya Ndiaye qui dit maintenir sa position sur sa revendication.

« Je n’avais pas les moyens de répliquer dans la salle, mais je profite de votre journal pour dire au président de la République que je n’ai pas été satisfait de sa réponse et que, donc, je maintiens ma position sur cette revendication qui est une forte demande sociale. Déjà, combien de gens occupent aujourd’hui des postes et qui ont dépassé l’âge de la retraite ? Je ne veux pas citer de noms. Mais tout ce que j’ai à dire c’est que je n’étais pas au palais de la République pour tenir un discours aérien. Je porte les doléances des travailleurs qui m’ont mandaté pour cela. Donc, le débat n’est pas clos. On va d’ailleurs se battre pour avoir gain de cause », a dit M. Ndiaye.

Et de poursuivre : « ce que le président Sall devrait plutôt dire en contre- proposition, c’est qu’on ne peut pas accorder cet alignement à tout le monde à cause de la pénibilité. Là, ce serait une discrimination positive. Mais rejeter la doléance comme ça en bloc… Nous, nous continuons à nous opposer à ce rejet ».

Selon le leader de « Ang Gueusseum », le Président, au lieu de réparer une injustice, a choisi de « rompre » l’équilibre qui lie les travailleurs pour avoir déjà satisfait cette revendication à certaines catégories de travailleurs à savoir les magistrats, les médecins, les pharmaciens et les chirurgiens-dentistes sous prétexte qu’ils font de longues études.

Or, soutient le bouillant syndicaliste, la question de la durée des études est un ‘’faux débat’’. « Il faut dire qu’il y a une rupture d’équilibre et que le président a violé les principes de l’équité. Donc nous exigeons que cette demande soit prise en compte et étudiée », dit Sidiya Ndiaye tout en indiquant que le FNR (Fonds national de retraite) a des difficultés à cause du rétrécissement de son bassin de cotisants.

« Il y a moins de gens qui cotisent pour plus de retraités. Les juniors qui doivent cotiser pour les séniors se raréfient. Donc, si l’Etat ne prend pas certaines mesures dès maintenant, en résorbant ce gap énorme, le FNR va aller en faillite dans quelques années comme cela se passe actuellement en France », confié-t-il dans les colonnes du journal Le Témoin.

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