Je suis arrivé à être admiratif de la capacité de l’homme à pouvoir décider de tout mais de n’être responsable de rien. Surtout quand les résultats ou l’impact d’une des décisions qu’il prend sont négatifs. Il est trop souvent en mode «J’y suis pour rien» ou bien «On m’a demandé de signer et j’ai signé».

En 2021, Macky Sall ose encore nous parler de vision ou de je ne sais quoi pour lutte contre la corruption. Je vous renvoie à ses mots aux premières années de son mandat «La CREI c’est pour le régime sortant (c’est à dire le PDS) et l’OFNAC c’est pour nous». Tels étaient ses propos quand il officialisait la création de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC).

Une autorité administrative indépendante qui, entre autres prérogatives, peut analyser et mettre à la disposition des autorités judiciaires chargées des poursuites les informations relatives à la détection et à la répression des faits de corruption, de fraude et de pratiques assimilées commis par toute personne exerçant une fonction publique ou privée.

Nous avons tous entendu Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, Présidente de l’OFNAC, dire que 18 rapports d’enquêtes ont été transmis au procureur dont celui portant sur l’affaire des 94 milliards. Qu’est-ce que le Procureur a fait de ces piles de pages de la gestion sombre et vicieuse du régime de Macky Sall ? Aucun acte n’est posé allant dans le sens de faire la lumière sur ces scandales.

Puisque l’OFNAC c’est pour «eux», les rapports chez le Procureur ont épinglés des gros bonnets de la République qu’on retrouve promus à coup de décret par Macky SALL himself. Il en fait des Ministres, des Directeurs ou des Conseillers. Quelle sincérité! J’en suis séduis. Celui qui veut lutter contre la corruption n’a qu’à lever son coude des dossiers scandaleux sur son bureau.

Je suis formel, en instituant l’impunité et la justice sélective, Macky Sall se positionne en artisan et promoteur de la corruption et de la fraude. L’attitude du procureur sur les dossiers qui fâchent plaît en haut lieu si ce ne sont les désirs et volontés du chef.

La preuve ? Je vous renvoie à son face-à-face avec les journalistes au soir du 31 décembre 2020. De façon tranchée, Macky Sall a révélé que sur les dossiers judiciaires des gros bonnets, le procureur requiert, par l’intermédiaire du Ministre de la Justice, son arbitrage pour un avis de poursuite ou de non-poursuite.

Ousseynou LY
Secrétaire Général PASTEF Médina
Membre du Secrétariat National à la Communication

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